Les phéromones sont des particules sécrétées par certaines glandes en présence de quelqu'un qui nous plaît. Si cette personne est réceptive, elle va inconsciemment capter le message du corps et soit s'enfuir, soit répondre favorablement par ses propres glandes. Dans ce cas, la première phase de l'attraction est déjà en cours. On se trouve là dans un fonctionnement animal basique de perpétuation de l'espèce. Des expressions comme " je peux pas le sentir " ou " je l'ai dans la peau " illustre bien le phénomène. On parle de coup de foudre, de tomber amoureux ou plus simplement d'atomes crochus ! Mais qu'est-ce qui fait que quelqu'un nous plaît, qu'est-ce qui met en route nos glandes ? Et puis si c'est si simple, pourquoi ça ne marche pas à tous les coups ?
Au fil de l'existence, l'observation de ceux qui nous entourent brosse peu à peu le profil de l'homme et de la femme. Nous les voyons tels qu'il nous apparaissent, mais le plus souvent nous les idéalisons tels que nous voudrions qu'ils soient. L'expérience que nous faisons des relations marque profondément nos croyances et nos aspirations. Par procuration tout d'abord dans l'image des parents, incontournable référence du couple, puis dans le ressenti tangible de nos premières amours. Alors se forme à notre insu l'image du partenaire idéal, le portrait jalousement gardé dans l'inconscient de l'amour attendu. Celui ou Celle qu'il nous faut !
Lorsque nous croisons une personne qui ressemble à l'image attendue, nos signaux s'enclenchent, les voyants clignotent et les aiguilles s'affolent sur le cadran de " l'amouromètre ". Ce n'est pas forcément l'aspect physique qui nous frappe, ce peut être une attitude, une démarche, le timbre d'une voix ou une manière d'être.. Et plus la ressemblance est forte, plus nous nous mettons dans tous nos états. Nous sortons alors le beau costume que notre inconscient a taillé sur mesure pour l'être surnaturel que nous attendions et nous demandons à l'autre de l'endosser. Le plus naturellement du monde ! Evidemment, l'autre n'en veut pas. S'il est bien disposé, il portera l'habit pour nous faire plaisir. Erreur ! Il se perdra dedans. S'il ne cède pas, revendiquant le droit de garder son propre univers, nous pensons que nous pourrons le façonner petit à petit à l'image de nos attentes. Erreur itou ! On ne peut changer personne. Seulement soi. Alors quoi faire ?
N'oublions pas que si nous faisons subir des pressions à l'autre, il nous en inflige également. Nous sommes nous aussi supposé répondre à ses attentes et nous n'en avons pas forcément envie. La conscience du phénomène permet de l'observer et de nous en dégager. Si nous pouvons un tant soit peu nous libérer de nos attentes, nous mobiliserons suffisamment de lucidité pour être vraiment présent dans la découverte de l'autre. Nous pourrons alors pour nous émerveiller de la richesse de son univers.
Celui qui parvient vraiment à se libérer de ses attentes peut entrer dans la rencontre en toute intégrité. Ses attirances s'avèrent toujours justes et se révèlent réciproques parce qu'elles se manifestent au niveau intuitif du cœur et non à celui imagé du mental. Sans attente, il est possible de sentir très vite le potentiel d'une rencontre et de se positionner souverainement et avec amour. L'intégrité suit le désir. Mais comment être sans attente face à quelqu'un qui nous fait de l'effet ? Et doit-on vraiment envier ceux qui y parviennent ? L'amour ne doit-il pas être un courant qui nous emporte ?…
L'attirance réciproque va projeter deux êtres l'un contre l'autre. C'est le choc des destins. Deux histoires se percutent, mêlant leurs expériences en une alchimie spécifique. Les perceptions diffèrent, comme le regard et le point de vue sur l'existence. Des prises de position et remises en questions sont générées par l'image que chacun revoie de l'autre. De fait, la rencontre amoureuse, pour sincère qu'elle soit, est une des plus formidables occasions de découverte de soi.
